Journée d’intégration en Seconde

Et si, pour apprendre à vivre ensemble, il fallait commencer par aller à la rencontre de l’autre ? C’est ce qu’ont expérimenté les élèves de Seconde lors d’une journée d’intégration, vendredi 18 septembre.

La matinée a commencé avec des ateliers animés par l’AFS, par petits groupes en classe, où les élèves ont pu faire davantage connaissance. Ils se sont ensuite retrouvés au parc Blandan pour un pique-nique, à quelques minutes du  lycée, avec les professeurs principaux. AFS est une association, partenaire du lycée, qui permet aux jeunes de partir plusieurs mois à l’étranger (un lycée en 4 ans) ou bien de recevoir un élève étranger pendant une année scolaire.

L’après-midi, à partir de 13h30, les élèves ont rejoint leurs camarades engagés dans le programme Alwan. 7 jeunes filles de Première avaient préparé les « Portes Ouvertes de la diversité » dans la cour du lycée. Ce projet est l’aboutissement d’une année d’engagement et de préparation qui se conclut par l’obtention d’un diplôme…

45 pays représentés par les élèves et les professeurs du lycée

Pendant quelques heures, la cour du lycée s’est transformée en forum. 45 pays étaient représentés, organisés par stand, à travers des élèves qui avaient choisi de faire découvrir leurs origines. L’objectif : apprendre à connaître l’autre en prenant le temps d’aller à sa rencontre.

Pour participer, chaque élève avait reçu un petit livret comme un « carnet de voyage ». Il fallait aller de stand en stand pour recueillir des informations sur les différents pays : leur langue, leur capitale, une spécialité culinaire, un monument, un symbole ou encore un vêtement traditionnel. Des espaces dans le livret étaient réservés pour colorier les différents drapeaux des pays visités. 

Ce livret n’était finalement qu’un prétexte. Pour le remplir, il fallait rencontrer, aller vers les autres. Poser une question. Demander une explication. Écouter une histoire. Parfois, découvrir quelque chose que l’on n’aurait jamais pensé demander.

 

Devenir acteur de sa citoyenneté

Tania Awad

À 18h, les sept jeunes filles ayant participé au programme Alwan ont été accueillies par Tania Awad,  responsable Europe de la fondation ADYAN qui porte le programme Alwan, pour la remise de diplômes. Elle a introduit en rappelant l’histoire d’Alwan, créé il y a 17 ans au Liban, après la guerre de 2006. Le programme est né de la volonté de permettre à des jeunes de communautés différentes de se rencontrer.

C’est ainsi qu’au Liban, des jeunes chiites, sunnites et chrétiens maronites ont pu se retrouver dans ce cadre « parascolaire ». Le principe est simple : se rencontrer pour mieux se connaître. « Quand on connaît l’autre, il devient plus difficile de raconter des bobards » résume la fondatrice.

Les projets imaginés par les jeunes qui s’engagent dans le cadre scolaire sont très concrets : installer un banc d’amitié pour qu’un élève qui reste seul puisse rejoindre le groupe, planter des arbres fruitiers dont chacun pourra profiter, mettre à disposition une borne solaire pour recharger les téléphones, etc.

Ces initiatives constituent un apprentissage de la citoyenneté : regarder autour de soi et chercher ce que l’on peut faire pour les autres.

Un programme qui grandit en France

Arrivé en France il y a trois ans, Alwan poursuit son développement. La première année, 40 jeunes issus de quatre établissements (3 privés et 1 public) avaient participé au programme. À la fin de l’année dernière, 265 jeunes ont reçu leur diplôme dans 15 établissements partenaires.

Cette année 2025-2026, sept nouveaux établissements rejoignent le dispositif. Alwan devrait ainsi rassembler environ 450 jeunes à la fin de l’année 2026.

Chevreul Lestonnac fait partie des établissements qui ont choisi de s’engager dans cette démarche dès les premières années du programme dans le bassin lyonnais. La fondatrice a tenu à remercier chaleureusement l’établissement, la direction et les familles qui ont accompagné les sept jeunes filles dans leur engagement.

Sept jeunes filles diplômées

Kada Kichaoui

Parmi les invités, plusieurs acteurs de cette démarche étaient présents. Kada et Kéra Kichaoui, qui avaient ouvert les portes de la mosquée aux élèves de Seconde et accueilli certains d’entre eux pour un repas de rupture du jeûne, étaient là aux côtés des familles. Gabrielle Ikapi représentait Ruth et Mickael Barer, de l’association « Des racines de demain », retenus pour Shabbat. Hélène Dabbadie, conseillère municipale de la Ville de Lyon et ancienne enseignante à Chevreul Lestonnac, avait également tenu à être présente. Elle a salué l’engagement des lycéens et leur volonté de faire vivre concrètement le « vivre ensemble ».

La soirée s’est achevée par la remise des diplômes aux sept Alwanistes. Chacune a pris la parole pour remercier celles et ceux qui avaient accompagné le projet et contribué à lui donner vie au lycée : Jean Mondésert, chef d’établissement, Nathalie Giaconna, à l’origine du projet, et Muriel Bouchard, professeur de Lettres et accompagnatrice du jumelage entre Chevreul Lestonnac et le collège libanais « Les Saints-Cœurs » de Beit Chébab.

Avant de repartir, les jeunes filles ont reçu une dernière phrase de Tania Awad, à garder en tête, issue d’un dicton libanais : « Une fois Alwaniste, toujours Alwaniste. Quand on découvre les couleurs, on ne peut plus devenir aveugle aux couleurs. »

Une phrase qui résume bien ce que ces jeunes ont vécu : prendre le temps de regarder l’autre, découvrir ce que l’on ne connaissait pas et laisser peu à peu son regard se transformer.